Justice de transition en Gambie

L’année dernière en Gambie, dix militaires ont été arrêtés et placés en détention en janvier. Accusés d’avoir participé à des disparitions forcées et des homicides, ils n’ont cependant pas été inculpés et se trouvaient toujours derrière les barreaux à la fin de l’année. En février, des poursuites pénales ont été engagées à l’encontre de neuf agents de la NIA, dont l’ancien directeur, accusés d’avoir tué le militant d’opposition Solo Sandeng en avril 2016. En octobre, des victimes d’atteintes aux droits humains, des organisations de la société civile et des groupes internationaux de défense des droits humains ont formé une coalition pour demander que Yahya Jammeh et les autres personnes responsables de graves violations des droits humains sous son régime soient traduits en justice. Une information judiciaire a été ouverte en Suisse contre Ousmane Sonko, ministre de l’Intérieur de 2006 jusqu’à sa fuite à l’étranger en septembre 2016, pour des crimes contre l’humanité commis pendant le mandat du président Yahya Jamme. Le 13 décembre, un projet de loi instaurant une Commission vérité, réconciliation et réparation (TRRC) – chargée de se pencher sur les événements survenus sous le régime précédent – a été adopté par l’Assemblée nationale, à la suite d’une consultation à laquelle ont participé des acteurs nationaux et internationaux. Le 10 août, une commission d’enquête a été créée en vue de faire la lumière sur la mauvaise gestion des fonds publics et les abus de pouvoir dont Yahya Jammeh se serait rendu coupable. Par ailleurs, l’État a gelé les actifs présumés appartenir à l’ancien président. Le Groupe d’experts sur les personnes disparues, une unité de police chargée d’enquêter spécifiquement sur les disparitions forcées orchestrées sous le régime de Yahya Jammeh, a vu le jour en février. En mars, les corps de quatre personnes susceptibles d’avoir été victimes de disparition forcée ont été exhumés. Parmi eux figurait celui de Solo Sandeng. Il est prévu que le Groupe d’experts adresse à la TRRC la liste des disparitions sur lesquelles elle devra enquêter.

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